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  • franckandersen

HARCÈLEMENT SCOLAIRE, SOPHROLOGIE et RE*

Dernière mise à jour : 17 déc. 2021

Ni laisser faire, ni se laisser faire. Libérer et protéger la parole, semble être la première réponse à fournir sur le théâtre des opérations.

Mais souvent l'inertie des adultes s'ajoute à la passivité des victimes. Dans le registre des agissements déplacés il faut distinguer d'une part les dégâts objectifs, violences, attouchements, vandalisation des objets personnels, lynchage par cyber-harcèlement. Et les dégâts subjectifs, moqueries à répétition. Sur un plan opérationnel les institutions s'accordent à entrer dans des méthodes de travail parce que les plus petits s'y mettent aussi. Le guide de justice scolaire, outil développé par l'éducation nationale trace une trajectoire en trois mots : dénoncer, protéger, sanctionner, mais dans cet intervalle, comment trouver le courage de réagir, comment agir préventivement? La répression risque de fonctionner une fois sur trois. Il faut dire que le phénomène jète une lumière crue sur l'institution éducative. Les victimes devenant candidates à l'exile, on déplace l'enfant avec l'espoir que l'herbe sera plus verte ailleurs. Après un marché du soutien scolaire, verrons-nous l'émergence d'un marché du soutien contre le harcèlement scolaire à la faveur de coach vénaux, où est la solution?


Si les signes avant-coureurs décrits précédemment sous la forme de dégâts subjectifs sont qualifiés, les marqueurs de gravité de telles situations s'interprètent sans confusion possible sous la forme de troubles différenciés. Il est alors grand temps d'agir quand ils apparaissent :

  1. Les symptômes émotionnels - irritabilité, agressivité, tristesse.

  2. Les symptômes somatiques : brulures d'estomac, infections cutanée, trouble du sommeil.

  3. Les symptômes comportementaux : troubles alimentaires, troubles du sommeil.

  4. Les symptômes cognitifs : idées embrouillées, perte de mémoire, trouble de l'attention.

Plus généralement, un enfant qui ne veut plus aller à la cantine, qui revient avec ses affaires dégradées, en clair avec la peur d'aller à l'école, alors ces situations signent un problème avéré. La tentative de se lancer dans la sociologie du phénomène est grande. Mais nous fournirait-elle un diagnostic suffisant, une remédiation à la hauteur de l'enjeu du moment? Il n'est pas impossible qu'une part de la violence de notre société redescende dans l'enseignement par l'entremise de la cellule familiale à moins que l'école soit directement coupable. Sagesse est de se garder d'un verdict à l'emporte-pièce.

"Cyber-harcèlement, un cas d'école"

Que nous enseigne l'ampleur récente du phénomène qui semblait pourtant avoir touché aussi les générations précédentes, sous des formes différentes. Tout collège à sa tête de turc. Alors d'où vient la charge actuelle que nous subissons? Sauf à identifier sans doute bon nombre de raisons, une origine possible est probablement du côté des réseaux sociaux. Pour ne prendre que Facebook, cet amplificateur émotionnel qu'il constitue à lui seul, est encore suffisamment à la mode pour devenir un cas d'école ! Rien que l'étude de ce média justifierait par exemple une inscription en haut de chapitre intitulé : "du bon usage des réseaux sociaux". S'il n'est pas le point de départ, le cyber-harcèlement occupe à l'évidence et dans une large dimension le co-facteur aggravant de notre sujet de base, rappelons-le : ce harcèlement, devenu endémique.


Poser les bonnes questions, vaut parfois mieux que d'obtenir des réponses, à ce jeu notre société à de quoi occuper toutes ses soirées en famille. Et pour le reste l'école peut faire sa part à condition de s'organiser. A moins qu'elle ne se soit faite détrôner par le progrès numérique galopant en perdant sa plage privilégiée d'occupation du temps de cerveaux disponible, pour paraphraser une citation devenue célèbre qui voulait en son temps, illustrer notre lente aliénation devant la télévision.

Sans diaboliser ici nos matériels sans lesquels nous ne sommes plus rien si l'on en croit, l'oeuvre d'une toute autre puissance à bien eu lieue et il nous faut développer l'art du faire-avec. Sur l'ampleur du chantier voici quelques chiffres. En janvier 2012, IPSOS relevait que 14% des parents pensaient que leur enfant avait été harcelé. Aujourd'hui, pour un panel de 1000 élèves on compte 12,8 incidents par jour. C'est quantifiable à l'échelle nationale, cela équivaut à 442 forfaits par jour. Quel est le rôle de votre enfant dans cette déshumanisation ?

"le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le regarde sans rien faire"

De là à ajouter que ça n'arrive pas qu'aux autres, il y a pas long à tenir, vous allez comprendre. Le tour de force d'admettre certains faits va sans doute plus loin. On qualifie les complices passifs de ce problème précoce qui s'impose d'abord à l'école, du nom de spect-acteurs. C'est sans doute ce qui faisait dire à Albert Einstein "le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le sans rien faire". D'aucuns des parents que l'on est, se suffiraient que leur enfant appartienne à un camp plutôt qu'un autre. Du prédateur ou de la victime, dans les deux cas avouez qu'il y a de quoi avoir mal à son ado ! Et au passage, rappelons-nous que nos enfants nous imitent, c'est jamais inutile de re-situer l'emprunte parentale effective des valeurs, même quand les adolescents ont l'air de prendre le large en rébellion de tout modèle.

"La victime la moins intéressante, c'est celle qui répond amicalement."

Le docteur Philippe Aïm psychiatre, vient admirablement d'adapter son "jeu de l'idiot" comme il ne nomme. Plus aisée que la communication non-violente, l'exercice est épatent pour petits et grands. L'intérêt ici c'est de se mettre en confiance avec un outils tout simple et au moins aussi ludique que certains jeu de rôle. Ce qu'il est d'ailleurs. Quant à l'effet de désamorçage, il est évident. L'auteur de Harcèlement scolaire nous explique que, se plaindre, dénoncer, contre-attaquer seulement, est une erreur.

Nous aurions tort de croire que la réponse doit essentiellement être juridique et institutionnelle car nous risquons d'enfermer l'enfant dans une position de victime impuissante, complète Philippe Aïm.


La bonne nouvelle c'est qu'en phase curative et pour des changements durables plus attendus, il y a un raccourci avantageux à emprunter. Il s'agit de travailler l'émotionnel par la conduite de protocole

R-E*. En phase préventive, une autre technique apparait comme un garde-fou. La sophrologie permet aussi d'instaurer une culture de calme. Son enseignement et sa pratique sont exactement à inscrire au rang des connaissances, des savoirs et ici, du savoir-être. Plus loin comme en sport, la sophrologie s'intercale avec aisance sur un plan pédagogique. Elle permet d'entrainer la variable émotionnelle présente en toute situation. Par exemple dans le cadre de la préparation aux épreuves et concours. Les musiciens et sportifs en connaissent le bénéfice. Pour notre propos de désamorçage des tensions, l'intégration de l'émotionnel est capital par tout moyen. L'école se doit d'être intégrative dans des méthodes ayant fait leur preuves. Dans sa mission sa seule responsabilité réside probablement quand elle échoue à devenir le laboratoire de vivre-ensemble.


Faire semblant d'être calme, n'est qu'un simulacre de tranquillité. Celle-ci ne se décrète pas. Il y va de savoir passer du concept à la pratique. Plus loin, sommes nous bien d'accords pour dire qu'à ne pas s'entendre dans le soutien de l'institution éducative, le risque encouru c'est que d'autres prennent le relais, L'institution médicale ou judiciaire. Les deux? Aller, le pire n'est jamais sûr! Alors avec la sophrologie et le protocole R-E*, pas plus de théories fumeuses sur le retour d'un bonheur perdu, mais bien un traitement concret, rationnel et polymorphe au cours duquel, le temps travaille pour nous, même quand nous faisons autre chose.


Et au bout du compte, probablement le bonheur malgré tout, celui de vos enfants dont la réalisation optimisée d'eux-mêmes sera vécu comme le vôtre. La tranquillité est à réinventer.



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